Michel’s Story

de Michel

Mon père est né et a vécu à Ashern et à Spearhill au Manitoba. Après la 2ième guerre mondiale, il est venu s’installer à Montréal où il a rencontré ma mère qui est née à Montréal. Mon père étant bilingue voulait que ses enfants le deviennent aussi.

Mon histoire débute à Montréal où je suis née. J’ai été éduqué en français dans des écoles primaires et élémentaires de la ville de Laval et en anglais au secondaire, au CÉGEP et à l’université à Montréal. Ce parcours m’a permis de vivre le biculturalisme. Après mes études et quelque temps passé à Montréal, je me suis exilé dans une autre province celle de Terre-Neuve-et Labrador. J’y ai travaillé comme représentant des ventes pour quelque mois pour ensuite entreprendre d’autres études à l’université Memorial à St. John’s afin d’obtenir un brevet d’enseignant.

C’est au cours de mes premiers mois à Terre-Neuve-et-Labrador que j’ai senti ce que c’était d’avoir le mal du pays. Je désirais fortement rentré chez moi à Montréal. Une discussion avec mon père, qui n’aurait souhaité que de me voir revenir au bercail, m’a fait réfléchir à ce que j’étais venu chercher à Terre-Neuve-et-Labrador. Certes, mon goût de l’aventure y comptait pour quelque chose mais aussi pour acquérir de l’expérience afin d’avoir un peu plus de valeur sur le marché du travail Montréalais. Je me disais que si je travaillais fort comme représentant des ventes je pourrais éventuellement mériter un poste à Montréal. Mon mal du pays m’a même mené à prendre des cours de pilotage en croyant que je pourrais visiter Montréal plus souvent.

Pour en revenir à cette conversation avec mon père, il m’a dit qu’un moyen d’avoir un sens d’appartenance dans une communauté, c’était de s’impliquer comme bénévole. C’est ce conseil qui a fait chavirer ma perspective. Je ne venais donc plus acquérir quelque chose mais plutôt d’apporter quelque chose. Je me suis donc mis à contribuer à la société en faisant du bénévolat. Peu de temps après, je me suis senti inclus dans la société de St. John’s par des gens qui ne demandait pas moins que de me faire sentir chez-moi. Ce n’était plus une question de quitter cette ville aussitôt que possible mais d’en faire un chez-moi. J’y suis maintenant depuis 35 années. Je ne me vois plus demeurer ailleurs. Je suis présentement enseignant dans une école à St John’s.

J’ai épousé une Terre-Neuvienne et nous avons deux filles, des adolescentes, donc une étudie à Montréal et l’autre à Sackville au Nouveau-Brunswick. Toutes deux sont très impliquées comme bénévoles dans leurs communautés. L’autre jour ma fille, qui est à Montréal, est venu me chercher à l’aéroport ceci me faisait pensé quand mon père venait me chercher à cette même aéroport lors de mes séjours à Montréal.

Ce qui m’a permis et qui permet à mes filles de bien s’intégrer dans n’importe quelle province c’est notre appréciation et connaissance d’au moins deux cultures canadiennes et plus important encore c’est de se demander qu’est-ce que nous pouvons faire pour nos communautés canadiennes et non ce que les communautés canadiennes peuvent faire pour nous. Ceci fait écho à ce que l’ancien président des États-Unis John F. Kennedy avait dit lors de son investiture en janvier 1960 «My fellow Americans, ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country. »

Dans les décennies à venir ce sera toujours dans la mesure que les canadiens et canadiennes adopteront la perspective de ce qu’ils peuvent faire pour le Canada plutôt que la perspective de ce que le Canada peut faire pour eux, que ceux-ci et celles-ci pourront contribuer à bâtir et à rebâtir un Canada inclusif et généreux. Ils en seront très fiers car leurs investissements dans les communautés leur donneront un sens réel d’appartenance au Canada.


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